Pas de partenariat public-privé dans la lutte contre la Covid-19, le DG du MSPP précise

Le directeur général du ministère de la Santé publique et de la Population a exposé les raisons pour lesquelles le partenariat public-privé dans le cadre de la lutte contre la Covid-19 parait difficile à établir. Le Dr Lauré Adrien qui est également coprésident de la commission de gestion de la pandémie, laisse comprendre qu’un tel partenariat peut ne pas être rentable pour le pays.

En expliquant les raisons pour lesquelles le ministère de la Santé publique et de la Population n’intègre toujours pas les structures privées dans la prise en charge de la Covid-19, le Dr Lauré Adrien, qui intervenait à l’émission Panel Magik a indiqué que la façon dont s’organisent les hôpitaux privés rend difficile ce partenariat.

Tout d’abord, précise-t-il, il n’y a pas beaucoup de structures privées de santé qui disposent d’un staff médical affecté à l’hôpital, travaillant durant un nombre d’heure précis. Pour la Covid-19, le personnel soignant doit fournir par jour un minimum de huit à dix heures de service. Le DG soutient que les équipements sont couteux et sont à utilisation unique.

« Dans la gestion de la Covid-19, on ne peut pas se payer le luxe de donner à un médecin un équipement qu’il utilisera que pendant 30 minutes ou une heure. Ce ne sera pas rentable pour le pays ni pour le système, encore moins pour l’hôpital en question », a fait savoir le Dr Lauré Adrien, précisant qu’un kit d’équipements de protection individuelle peut coûter entre 25 et 35 dollars américains.

Entre autres arguments, le DG  dit relever la faiblesse de ces hôpitaux en termes de capacité d’accueil. Un centre qui n’a pas trop de malades à soigner va représenter trop de dépenses, affirme le médecin. Il ajoute que le coût de prise en charge d’un personnel habillé pour soigner un seul malade est le même que si ce personnel équipé de la même manière fait la prise en charge de 5 à 6 patients. « Pour sceller un partenariat avec eux, il faudrait qu’ils disposent d’au moins 40 lits », a précisé le Dr Adrien, avançant qu’il n’y a pas beaucoup d’hôpitaux privés qui peuvent donner la garantie de disposer de 40 lits d’hospitalisation.

La difficulté de trouver un arrangement financier avec les hôpitaux privés figure parmi les difficultés à surmonter. Pour la prise en charge d’un malade, les hôpitaux impliqués dans la lutte contre la Covid-19 dépense en moyenne 250 à 300 000 gourdes par malade pour une durée d’hospitalisation de huit à 10 jours. De ce montant, 200 000 gourdes sont utilisées pour le matériel et les équipements de protection. Déterminer le coût c’est une première chose et trouver cet argent pour rembourser ces hôpitaux c’en est une autre », a déclaré le directeur du MSPP, se rappelant ce qui s’était passé après le tremblement de terre de 2010. Les institutions sanitaires qui avaient pris en charge les rescapés du séisme n’ont pas été remboursés et ont fait faillite.

Contactés par le journal, plusieurs responsables d’hôpitaux privés ne voulaient commenter les raisons avancées par le directeur général du MSPP pour expliquer pourquoi il n’y a pas encore de partenariat public-privé dans la lutte contre la pandémie.  Le président des Associations des hôpitaux privés d’Haïti fait savoir que les directeurs d’hôpitaux vont se rencontrer pour donner leur version des faits.

Source : https://lenouvelliste.com/article/216105/pas-de-partenariat-public-prive-dans-la-lutte-contre-la-covid-19-le-dg-du-mspp-precise

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