By | 13 novembre 2019

L’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH) a pris connaissance, avec consternation et écœurement,  du viol de plus d’une dizaine de détenues à la prison civile des Gonaïves.  Dans la nuit du jeudi 7 au vendredi 8 novembre 2019, toutes les 13 femmes détenues à la prison civile de ladite ville du département de l’Artibonite ont été violées par plus des détenus lors d’une tentative d’évasion. Cet acte horrible met à nu les faiblesses du système carcéral haïtien.

La surpopulation gangrène certes les conditions de vie en prison mais elle n’est que l’un des maux qui affecte l’administration pénitentiaire. Outre le surencombrement dans certaines prisons qui ont plus que le triple de l’effectif qu’elles ne peuvent accueillir,  les responsables doivent faire face à des problèmes d’hygiène, de rupture de stock de nourriture, d’incapacité à trouver de l’eau etc… Cette situation de manque n’est pas sans conséquences sur les conditions de détention. Elles sont inhumaines et dégradantes et constituent une violation flagrante des droits fondamentaux des prisonnier-e-s.

Face à un tel contexte d’insuffisance des ressources disponibles, les responsables sont trop souvent obligés de passer outre le principe de séparation en milieu carcéral. Sa fonction première est d’assurer la protection et la sureté des personnes privées de liberté. Ainsi son application a pour effet, la séparation des femmes des hommes, des détenu-e-s mineur-e-s des adultes et les prévenu-e-s des condamné-e-s. Ce principe se traduit par l’existence d’unités strictement distinctes les unes des autres au sein d’un établissement ou par des établissements spéciaux pour les groupes concernés. Le viol des 13 femmes à la Prison civile des Gonaïves est la résultante d’une déficience de l’application  de ce principe.

La prison doit permettre aux personnes qui ont commis un délit ou un crime, de prendre conscience de leurs actes et réintégrer la société dans de meilleures conditions. Il est inacceptable qu’ils continuent de violer la loi derrière les barreaux. L’OCNH préconise donc l’identification des coupables et l’application des sanctions prévues par la loi et continue à  militer pour l’aménagement de prisons permettant l’application de la sanction et la réinsertion efficace des détenu-e-s dans le respect de leur dignité et des droits inhérents à leur nature humaine. Nous demandons la réparation civile pour toutes les femmes violées a la prison civile des Gonaïves

Ce sera justice!

Port-au-Prince, le 13 novembre 2019

Me Camille OCCIUS

Coordonnateur général

Spécialiste en DESC

Contact : 509 36 28 81 42

509 32 78 95 14

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